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M’boké Modeste N’GOU, Les leçons pour réussir sa PME

M’boké Modeste N’GOU, Les leçons pour réussir sa PME

M’boké Modeste N’GOU, Les leçons pour réussir sa PME
novembre 29
16:02 2016

La foi dit-on peut déplacer les montagnes et Modeste N’GOU croit fermement en sa PME. Dans un milieu socio-professionnel où le fils du pauvre doit fournir plus d’efforts, Modeste ne s’est pas fait prier pour viser haut. A force d’y croire, il a repris une entreprise créée par des français pour devenir un des nouveaux patrons qui inspirent la génération montante du continent. Portrait d’un battant qui se nourrit de sa foi et de son expérience.

A 46 ans, M’boké Modeste N’GOU est un homme accompli. Il préfère passer sans trop de publicité. D’ailleurs, il est méconnu du très grand public et se meut dans son milieu professionnel. C’est dans ce cadre qu’il prend part à la 3ème édition du Forum Champions & SME Africa Forum d’Abidjan, les 17 et 18 novembre dernier. Pour partager avec les jeunes « Champions », son expérience.

« Valoriser l’élite africaine »

Le regard vif, l’assurance non feinte, Modeste M’boké fait partie de cette jeune classe d’ivoiriens qu’on qualifierait d’afro-optimiste. Chez lui, tout réside dans le travail qui part d’une source : « l’humilité ». Présent encore cette année au Champions &SME Africa Forum d’Abidjan, il fait partie des panélistes.

Son expérience doit servir de cadre moral d’incubation pour la jeune génération. « J’ai fait l’édition de Dakar, celle de Nairobi et maintenant celle d’Abidjan. »

« D’abord le Champions & SME Africa Forum : c’est une plateforme que j’apprécie énormément. Cela nous permet de pouvoir valoriser l’élite  africaine, de pouvoir aussi  renforcer les capacités de celle-ci. Parce que je suis  de ceux qui croient que l’Afrique a du potentiel : mais pour les jeunes ce potentiel n’est pas réellement valorisé. Le Forum est une opportunité, une plateforme qui permet aux africains de s’exprimer et d’échanger… parce qu’on n’a pas le monopole  de l’intelligence, il faut pouvoir faire  preuve d’humilité. »

« Mon père, un cultivateur, ma mère, une ménagère »

M’boké Modeste sait assez tôt que la vie n’offre pas de facilités quand l’on est issu d’une famille pauvre.

« Déjà à la base je suis d’une famille assez modeste,  de père cultivateur, de mère ménagère. J’ai évolué dans le cycle primaire à Yopougon Siporex… ensuite, j’ai été  parachuté à Bingerville où j’ai fait mon cycle secondaire, au Lycée pour garçons,  couronné par le Bac D. Je me suis retrouvé à l’université où je me suis spécialisé à l’INP-HB, l’Institut polytechnique d’Abidjan, pour finalement m’orienter dans les finances, la comptabilité – avant d’obtenir un diplôme d’ingénieur. »

Dans sa soif d’être compétitif sur le marché professionnel, il suit des toujours des cours : car pour cet orphelin, rien de mieux que le travail pour s’affranchir des pesanteurs sociales.

« Je veux aller plus loin, faire un Master MBA. Donc, je suis diplômé en ingénierie financière, bourse, banque et gestion, même si je suis aussi à la base un contrôleur-auditeur. »

Etre autonome, objectif numéro 1

Etudiant, Modeste organisait des cours pour des enfants. Objectif : « avoir des revenus  pour couvrir mes besoins mensuels » fait-il savoir. Battant, il crée un cabinet de conseil en comptabilité, ressources humaines, assistance juridique et fiscale. En 2003 et 2004 en pleine crise ivoirienne, il a la chance de gagner « une commission de près de 15 millions. Là vous voyez l’ambition d’entreprendre » se satisfait-il.

Il gravit les échelons en entreprise et acquiert l’expérience avec en tête le désir d’être toujours autonome et d’avoir son entreprise. Il occupe différents postes dont ceux de directeur financier (DAF) dans plusieurs entreprises de différents secteurs d’activités.

« Le dernier poste que j’ai occupé était au sein d’un groupe multinational français qui s’appelait  SETELCOM, et qui s’est implanté ici en 2006. Et, vu les performances que j’ai dû afficher, très rapidement on m’a fait  passer comme représentant local de cette société, puis comme country manager…  Bien heureusement – ou malheureusement ! – avec la crise électorale qui est survenue en 2011,  les français ont jugé sage de ne pas continuer l’activité,  parce que les marges ont commencé à plomber. »

Pour lui qui recherchait une opportunité pour bondir dans l’entreprenariat, il a trouvé « une opportunité de pouvoir créer une entreprise » estime-t-il.  « Cette envie était là déjà depuis l’Université puis dans ma vie de salarié » analyse celui qui aujourd’hui se satisfait du risque pris en investissant dans une affaire laissée par des Blancs.

« Je me souviens qu’à mon dernier entretien avec mon employeur SETELCOM,  à la question de savoir quelles étaient mes ambitions ; j’ai répondu : avoir mon entreprise. » Ambitieux et travailleur, expérimenté mais humble : « j’ai pu simplement m’imposer, non pas par la force mais par la manie de mon travail, par la sagesse et aussi par la grâce de Dieu. » confie le PDG de la nouvelle SETELCI.

Ni les pertes logistiques, ni le manque de marché n’ont freiné le jeune entrepreneur. « Quand tu as un rêve, tu ne regardes pas aux obstacles, pas aux oppositions, tu fonces. Tu fixes les yeux, les regards sur le rêve. Voilà. Et, je vous en conjure, avant la fin de la même année, en 2014, j’ai  doublé ce que j’avais perdu » assure M’boké Modeste.

Promouvoir des PME, le nécessaire appui des banques

Modeste N’Gou sollicite, pour asseoir l’assise financière de sa jeune entreprise, un appui bancaire. Pour lui, cet appui bancaire s’avère « inévitable ».

« Dieu merci pour moi, j’ai frappé à la bonne porte aussi : il  y a une banque qui a eu confiance en moi, au regard de tout ce que j’ai présenté. Et vu que je n’étais pas nouveau sur le marché – j’ai aussi des amis dans la sphère financière – je suis allé vers eux… Puis, la Versus Bank m’a accompagné avec de petits financements : 5 millions, 10 millions, après 15 millions, ainsi de suite, puis la collaboration s’est renforcée au fur et à mesure » explique-t-il à ceux qui voudraient s’inspirer de son expérience en matière de financement.

« C’est inévitable, on ne peut pas promouvoir l’entrepreneuriat, sans accompagnement financier, et, il faut absolument une volonté politique qui dynamise, qui impulse qui oblige même les établissements à accompagner l’entreprenariat, cela s’impose » recommande-t-il.

SETELCI, une PME grandissante.

Fondé par le panéliste, SETELCI travaille pour les télécoms,  l’électricité,  la broadcast, l’achat-vente de matériels spécialisés. Mais, son activité se fonde à 90% sur les télécoms.

« Nous faisons tous les corps de métiers des télécoms,  à savoir, constructions des sites Gsm, clé en main, ce qu’on appelle pylône, de la partie du génie civil jusqu’aux installations ; nous faisons le déploiement complet des fibres optiques, partie génie civile, partie raccordement ; et nous faisons la maintenance de réseaux GSM et réseaux filaires pour l’optimisation du réseau. Aujourd’hui, nous sommes en train de nous orienter  vers des solutions satellitaires,  via un partenaire qui est aux Etats-Unis : est un gros équipementier qui fournit des équipements à l’armée américaine. »

« Nous espérons aller plus loin en Afrique »

Ambitieux tout en demeurant modeste comme l’ont voulu ses parents, il s’ouvre à l’Afrique. Déjà, le bureau  Côte d’Ivoire couvre l’Afrique de l’ouest, et celle du Cameroun couvre l’Afrique centrale, et nous espérons aller plus loin que cela – déjà voici nos deux premières structures qui sont opérationnelles. »

« Nous sommes sur le chemin, nous avons un objectif, nous ne sommes pas encore arrivés. Demain est plus radieux qu’aujourd’hui ; et nous savons, nous voyons, nous sommes convaincus que l’avenir sera lui aussi plus radieux. Et, si nous voulons que demain soit radieux, il faut y travailler  d’arrache-pied, ne pas  baisser les bras » se réconforte le PDG.

Pour atteindre les objectifs globaux qu’il s’assigne, M’boké Modeste N’Gou  s’inscrit dans « une dynamique de certification, parce que les entreprises avec lesquelles nous travaillons,  nous imposent la qualité » reconnaît-il.

« La normalisation des qualités », une exigence du marché à laquelle l’entrepreneur doit pouvoir s’adapter au risque de ne pas être compétitif.  Pour Modeste, la solution, c’est plus de « flexibilité » pour mieux aborder ce virage et inscrire SETELCI dans le catalogue des jeunes PME compétitives sur le continent africain pour être demain un Champions. Mais Modeste n’a-t-il pas déjà prouvé qu’à cœur vaillant, rien n’est impossible ?

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